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LE BON SENS — La boussole de vie

Il existe des idées qui vous suivent partout, un peu comme ces chansons dont vous ne vous souvenez jamais avoir appris les paroles, mais que vous fredonnez quand même sous la douche. Elles avancent à pas feutrés, discrètes, mais obstinées, comme un chat qui fait semblant de ne pas vous surveiller alors qu’il vous juge clairement. Elles se glissent dans vos conversations sans prévenir, influencent vos décisions, des plus triviales aux plus dramatiques, et se cachent dans vos observations quotidiennes, là où vous pensiez ne voir qu’un détail sans importance.

Dans les moments les plus banals, elles réapparaissent : quand vous voyez quelqu’un trébucher sur une erreur pourtant évitable (et vous vous dites intérieurement : « Ah, le fameux piège du lundi matin… »), ou lorsqu’une équipe entière s’enlise dans un problème qui aurait pu être réglé par un simple éclair de lucidité, celui qui, évidemment, a décidé de prendre sa journée de congé.

Elles reviennent aussi dans les instants plus sérieux, quand on mesure les conséquences d’un choix mal pesé, d’un jugement trop rapide, ou d’une vérité qu’on a soigneusement rangée derrière le rideau, en espérant qu’elle n’insisterait pas.

Cette idée-là, pour moi, c’est le bon sens. Une idée simple, presque timide, qui ne cherche pas à faire la vedette, mais qui finit toujours par revenir sur scène pour rappeler calmement : « Bon… on se recentre ». Une idée qui n’a pas besoin de projecteurs pour éclairer, qui ne crie jamais, mais remet tout à sa place avec la douceur ferme d’une grand-mère qui vous réajuste le col avant une photo.

Le bon sens n’a rien de spectaculaire. Il ne fait pas de bruit, ne lance pas de feux d’artifice, et ne réclame ni diplômes, ni titres, ni même un petit certificat de participation. Et pourtant, il est là, fidèle au poste, comme une boussole intérieure qui nous rappelle que la clarté n’est pas un luxe réservé aux initiés, mais une nécessité de base, un peu comme l’eau, l’air, ou de savoir où l’on a posé ses clés. C’est cette voix calme qui murmure : « Regarde mieux. Réfléchis encore. Et surtout, ne transforme pas un verre d’eau en équation à trois inconnues. »

Sans que vous l’ayez vraiment décidé, le bon sens devient alors un compagnon de route. Pas du genre bavard ou envahissant : plutôt le passager silencieux qui, de temps en temps, lève un sourcil pour vous ramener vers l’essentiel. Un guide discret, mais obstiné, qui vous suit partout, même quand vous prétendez ne pas l’avoir vu.

La plupart d’entre nous ont travaillé, de près ou de loin, avec des organisations, des dirigeants, des employés, des familles, des communautés. Nous avons traversé des environnements en mouvement, participé à des projets ambitieux, accompagné des personnes en quête de sens ou de solutions. Bref, nous avons vu du monde, du chaos, et parfois même des réunions qui auraient pu être des courriels.

Nous avons été témoins de transformations extraordinaires : des équipes qui se relèvent contre toute attente, des individus qui découvrent en eux un courage qu’ils pensaient ranger dans un tiroir, des élans de créativité capables de débloquer des situations que même un GPS aurait abandonnées.

Ces moments nourrissent la conviction que l’humain est capable du meilleur lorsqu’il agit avec clarté, cohérence et intention. Mais nous avons aussi vu l’autre versant : des projets prometteurs qui s’effondrent sans raison apparente, des relations professionnelles qui se détériorent pour des détails minuscules (parfois plus petits qu’un post-it), des décisions cruciales prises trop vite, trop tard, ou pour des raisons qui feraient soupirer même un philosophe fataliste. Et, presque toujours, la même constatation s’impose : le bon sens avait été oublié quelque part en chemin, probablement à côté de la machine à café.

Alors, devant ces scènes familières, une pensée revient, tenace, presque douloureuse : « On aurait pu éviter ça. On aurait pu mieux faire. On aurait pu réfléchir autrement. » Ce n’est pas un jugement porté sur les autres, mais une lucidité partagée. Une reconnaissance que, souvent, ce qui manque n’est, ni l’intelligence, ni les compétences, ni la bonne volonté… mais simplement un retour à l’essentiel.

Car le bon sens n’est pas un talent mystérieux réservé à quelques élus. Il ne dépend ni du niveau d’éducation, ni du statut social, ni de l’expérience professionnelle. Le bon sens est une pratique quotidienne, une discipline intérieure, un regard honnête posé sur la réalité, même lorsqu’elle nous dérange, ou qu’elle contredit nos préférences, ou qu’elle nous rappelle que, oui, parfois, on aurait vraiment dû relire le courriel avant de l’envoyer.

C’est la capacité de dire : « Voici ce qui est. Voici ce que je vois. Voici ce que je dois faire. » Sans détour, sans illusion, sans justification inutile, bref, sans tout ce folklore mental que nous aimons tant ajouter pour nous compliquer la vie.

Le bon sens au fond, c’est cette force tranquille qui nous ramène à la simplicité juste, à la clarté nécessaire, à l’évidence que nous avions soigneusement rangée derrière un rideau, probablement en pensant que personne ne la remarquerait. Et c’est peut-être pour cela qu’il est si précieux : il nous rappelle que la sagesse ne se cache pas dans les labyrinthes conceptuels, mais dans la vérité du réel, ce truc un peu têtu qui refuse de se plier à nos scénarios imaginaires.

Vous avez vu des esprits brillants s’égarer dans des raisonnements inutilement complexes, comme si l’intelligence, lorsqu’elle s’emballe, se prenait pour un feu d’artifice et finissait par obscurcir ce qu’elle devrait éclairer. Vous avez observé des équipes pourtant expérimentées manquer l’évidence, incapables de reconnaître des solutions simples parce qu’elles cherchaient trop loin, trop haut, trop vite, parfois même dans une autre galaxie.

Vous avez été témoin de décisions cruciales prises sous l’emprise de l’émotion, de la pression ou de l’ego, ces forces discrètes, mais redoutables qui transforment la perception en miroir déformant. Et chaque fois, sans doute, la même pensée vous a traversé l’esprit, avec la douceur d’un soupir : « Si seulement nous revenions à l’essentiel… »

C’est là que l’on commence à comprendre ce qu’est véritablement la lucidité : cette faculté rare de voir la réalité telle qu’elle est, dépouillée de ses artifices, de ses illusions et de ses effets spéciaux.

La lucidité n’embellit rien, ne dramatise rien, ne simplifie rien. Elle observe. Elle reconnaît. Elle éclaire. Et surtout, elle permet d’agir avec justesse à partir de cette vision claire, sans se laisser emporter par les mirages du désir, les ombres de la peur ou les distorsions de l’ego, qui, rappelons-le, adore jouer les metteurs en scène.

La lucidité, en ce sens, n’est pas seulement un regard : c’est une posture intérieure, une manière d’être au monde. C’est la capacité de percevoir les choses dans leur vérité nue, sans maquillage ni filtre Instagram, tout en conservant la force d’agir en conséquence. Car voir clairement ne suffit pas : encore faut-il avoir le courage d’accepter ce que l’on voit, et la maturité de s’ajuster à cette réalité, même lorsqu’elle ne correspond pas exactement à nos préférences soigneusement élaborées.

Il s’agit d’une intelligence intérieure, subtile, mais puissante, qui permet de distinguer le vrai du faux, l’essentiel du superflu, le durable de l’éphémère. C’est elle qui nous aide à saisir les conséquences de nos actes, à comprendre les motivations qui nous animent, à déceler les enjeux cachés derrière les apparences. C’est elle aussi qui nous invite à reconnaître nos propres biais, nos limites, nos émotions, non pour nous juger, mais pour mieux nous comprendre, ce qui est déjà un sport exigeant.

Être lucide, c’est accepter ce que l’on voit, même lorsque cela dérange, même lorsque cela contredit nos habitudes, nos certitudes ou nos scénarios préférés. C’est accueillir la réalité sans la fuir, sans la tordre, sans tenter de la convaincre qu’elle devrait être autrement.

En somme, la lucidité est une vision nette, parfois exigeante, mais toujours tournée vers la vérité : la vérité du monde, des autres, et surtout de soi-même. Elle n’offre pas le confort, mais elle donne la liberté ; elle n’assure pas la facilité, mais elle ouvre la voie à la justesse ; elle ne nous épargne pas les défis, mais elle nous donne la force de les affronter avec cohérence et intégrité.
Au fond, c’est simplement du bon sens, mais du bon sens mis en action, ce qui, avouons-le, est déjà un exploit quotidien.

Vous vous êtes sans doute posé ces questions qui dérangent, ces interrogations qui fissurent les certitudes et ouvrent des espaces nouveaux dans la manière de penser. Vous avez connu ces réflexions qui, parfois doucement, parfois brutalement, vous obligent à revoir vos choix, à réévaluer vos priorités, à reconnaître ce qui, jusque-là, vous échappait. Et vous avez observé, dans votre vie comme dans celle des autres, des situations bien réelles : des réussites éclatantes, des maladresses discrètes, des moments de clarté fulgurante, et des occasions manquées qui laissent un léger goût d’inachevé, un peu comme un livre qu’on referme trop tôt.

Car ici, il est question de jugement, de rationalité, d’interactions humaines, de pouvoir, de responsabilité. Rien que ça. Il est question de ces dynamiques invisibles qui influencent nos décisions, un peu comme ces courants d’air mystérieux qui font claquer une porte alors que vous étiez certain de l’avoir fermée. Et il est aussi question de ces moments où, sans même nous en rendre compte, nous nous tirons nous‑mêmes une balle dans le pied : par orgueil, par peur, par précipitation… ou simplement parce que notre attention avait décidé de prendre une petite pause-café.

Le bon sens commence par un geste intérieur : la capacité de se regarder avec honnêteté, sans complaisance, mais sans se flageller non plus. Une lucidité qui éclaire sans juger, un peu comme une lampe de chevet bienveillante, pas comme un projecteur d’interrogatoire.

Quel que soit votre parcours professionnel, familial, spirituel, financier ou communautaire, une vérité demeure : le bon sens n’appartient ni à une culture, ni à une classe sociale, ni à une génération. Il traverse les frontières, les époques et les milieux. Il est universel, profondément humain, et plus indispensable que jamais, surtout à une époque où l’on confond parfois la vitesse avec la direction.

Dans un monde où tout s’accélère, où l’on prend souvent le bruit pour de la clarté, l’urgence pour de l’importance, et l’opinion pour de la vérité, le bon sens devient une boussole précieuse, un repère stable au milieu du tumulte. Une sorte de GPS intérieur… mais sans recalculer toutes les dix secondes.

Pour beaucoup d’entre nous, il devient urgent de retrouver cette intelligence simple. Non pas pour revenir en arrière, ni pour réduire la complexité du monde, mais pour mieux le traverser, sans se perdre dans les ronds-points de l’indécision. Simplement pour avancer avec plus de discernement, plus de cohérence, plus de présence.

S’améliorer, grandir, aider les autres à mieux comprendre : tout cela commence par un mouvement intérieur. Il faut apprendre à questionner, à réfléchir, à décider avec intention, à agir avec cohérence. Il faut accepter de redevenir responsables de nos choix, de nos gestes, de nos paroles. Car c’est là, dans cette responsabilité assumée, que le bon sens retrouve toute sa force, et que nous retrouvons, nous aussi, notre capacité à orienter notre vie avec justesse.

À ce stade, vous vous posez sans doute plusieurs questions :

Comment approfondir ma compréhension du bon sens ?

Comment structurer mes réflexions pour dégager de véritables pistes de solutions ?

Et surtout, comment mettre tout cela en pratique dans les situations réelles qui façonnent mon quotidien, celles où le bon sens semble parfois avoir pris un congé non autorisé ?

Pour y parvenir, il vous faudra explorer plusieurs dimensions : apprendre à mobiliser une pensée rationnelle et critique, développer un jugement solide et mesurer votre impact sur le monde qui vous entoure. Il s’agira aussi d’éviter ces maladresses qui nous font parfois « nous tirer une balle dans le pied » dès que nous ouvrons la bouche, de cultiver des interactions humaines plus fines afin d’exercer une influence juste, rationnelle et empreinte de bon sens. Sans oublier l’essentiel : décider en connaissance de cause, négocier avec discernement, et chercher à valoriser l’autre plutôt qu’à l’écraser, même quand la tentation est grande.


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Ce livre vise à vous guider dans l’élaboration d’une feuille de route claire pour la croissance personnelle, le succès et le bonheur, une feuille de route qui ne nécessite ni boussole, ni GPS, ni application mobile, juste un peu de lucidité.

À travers une série de questions, de citations et de réflexions, BON SENS, offre aux lecteurs les outils nécessaires pour explorer en profondeur leur propre âme, découvrir leurs véritables passions et améliorer leur efficacité et leur efficience. Cela leur permet, à leur tour, de façonner leur propre succès et d’aider ensuite les personnes qui les entourent à atteindre le même objectif, sans avoir à réinventer la roue à chaque fois.

Les idées présentées dans ce livre sont tirées de quarante ans d'expérience de travail avec des organisations locales et internationales, des entreprises et des services de conseil en gestion du changement, de la transition et du marketing.


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